Cheval de Feu - sortir de l'attente

Publié le 10 août 2026 à 10:59

Portrait en noir et blanc de Nathaly Coualy, le visage à demi éclairé, regardant l’objectif. signe jean-marie-marion

Photo:  Jean-Marie Marion

À l’approche de l’éclipse solaire du 12 août, ce moment, je ressentais déjà de la fatigue, un besoin de silence, l’envie de revenir à ce qui compte. L’idée est quand même d’y rester le plus longtemps possible.

Était-ce le ciel, l’époque ou simplement ce que je traverse ? J'accepte peut-être que parfois, il n'y a pas de sens. Ils sont nombreux, ces moments là, qui t'invitent moins à comprendre qu'à lâcher et à te prendre la tête. Force de vouloir comprendre.

J’adore voir dans cette éclipse, l’idée, que la lumière n’a pas disparu, elle est voilée un instant. Comme les parties de nous que nous avons longtemps préféré ne pas regarder. Ou que nous n'avons toujours pas vues.

Biensur que je traverse, moi aussi une période de feu. Bien sûr que je traverse, moi aussi, une période de feu. Cheval de Feu , je suis,  tout un programme, en astrologie chinoise. Un signe qui avance, qui ne tient pas en place. Et pourtant, j'ai passé des années à attendre.

Nous attendons tous quelque chose. Que ça aille mieux, que le moment soit plus propice, qu'une porte s'ouvre, qu'on nous fasse signe. Qu’il fasse moins chaud…. L'attente a ceci de confortable, elle peut ressembler à de la sagesse. Mais un cheval qui attend, ce n'est pas du feu. Ne plus remettre tous mes climats entre les mains des autres.

Quand on « travaille sur soi » et qu'un déclic arrive, certains sont brûlants. Accepter ses failles n'a rien de confortable. C'est souvent terrible. Pourtant, continuer à désigner le monde comme l'unique responsable de notre mal-être ne nous libère pas davantage.

« La liberté n'est jamais accordée volontairement par l'oppresseur ; elle doit être exigée par l'opprimé. »  Martin Luther King Jr - Lettre de la prison de Birmingham C'est vrai aussi quand l'oppresseur, c'est soi-même.
La liberté ne s'obtient pas en attendant : elle se revendique par la résistance, l'organisation collective, l'action non violente..

Le monde blesse, les injustices, les guerres, les catastrophes ..mais notre manière d'habiter ce que nous traversons nous appartient encore.

J'aime cette expression : "Wherever you go, you take the weather with you." On peut changer de décor, de rôle, de discours, se cacher derrière ses certitudes, ses projections, ses évitements… notre météo intérieure voyage avec nous.

Alors prendre soin de sa santé mentale, de son système nerveux, de ce qui nous tient debout devient essentiel. Non pour se couper du monde, mais pour pouvoir y participer sans s'y perdre.

Je pense à celles et ceux qui ont tout perdu, mais qui sont encore là, debout, vivants, aimants. Je pense à cette solidarité immense qui surgit lorsque tout vacille. Comme j’aimerais qu’elle demeure après les incendies, les guerres et les catastrophes. Que nous continuions à nous regarder, à nous saluer, à nous souvenir que nous sommes liés.

J’essaie de faire ma part.

Un été brûlant. Veillons sur le feu. Veillons aussi sur notre feu intérieur : assez puissant pour éclairer la suite, assez maîtrisé pour ne pas nous consumer avec lui.